Depuis deux ans, les trois universités de technologie françaises travaillent à un rapprochement. L'objectif, une meilleure visibilité au niveau national et
international. Une question se pose aujourd'hui, ce rapprochement va-t-il prendre la forme d'un renforcement de la coopération ou d'une fusion des universités ?
Les trois universités de technologie de France, Compiègne, Belfort-Montbéliard et Troyes, travaillent actuellement à un projet de rapprochement. Malgré des rumeurs
circulant depuis plusieurs mois évoquant une fusion des trois UT, le projet est encore aujourd'hui au stade embryonnaire, les modalités de ce rapprochement n'étant pas encore tranchées.
« À Compiègne, nous sommes actuellement en procédure de renouvellement du poste de président de notre université » précise Louis Côté, président par intérim de l'UTC. « Aucune décision définitive ne sera
prise avant la fin de cette période de transition. Mais cet état de fait ne nous empêche pas d'avancer sur ce projet » rajoute-t-il. La date de présentation du projet de rapprochement au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, initialement prévue pour le courant du mois
de décembre, n'est donc aujourd'hui plus d'actualité. « Nous ne pouvons avancer aucune date, puisqu'il existe un problème de leadership durant
la période d'intérim du directeur de Compiègne » explique Christian Lerminiaux, directeur de l'Université de
technologie de Troyes. Ronan Stéphan, ancien directeur de l'UTC, a été nommé Directeur général pour la recherche et
l’innovation en septembre dernier, « ce qui ralentit pour l'instant l'avancement de notre projet de rapprochement » rajoute Pascal
Fournier, directeur de l'Université de technologie de Belfort-Montbéliard.
Extrait du magazine Vie universitaire n° 133, par Perrine ROUX
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Par Perrine ROUX
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Réunis à Lille, les 10, 11 et 12 septembre 2008 derniers, les directeurs des Instituts d'Administration des Entreprises (IAE) ont achevé leur congrès par une
réflexion sur "la place des IAE dans la nouvelle université". Une question on ne peut plus prégnante pour ces business schools universitaires qui craignent de voir leurs prérogatives rognées
par des universités devenus autonomes - avec donc un pouvoir exécutif et centralisateur renforcé. Les IAE se sont donc mobilisés depuis un an pour un changement de leur statut en faveur d'une
autonomie opérationnelle et financière accrue, sur le modèle des IEP. Pierre Louart, le président du réseau des IAE et directeur de l'IAE de Lille dit attendre « une surprise » dans les
semaines à venir…Un changement de statut est peut-être à espérer. Autre grande innovation en gestation: les IAE envisagent la création de filières préparatoires à leurs établissements. Sur tous
ces points, Pierre Louart a répondu aux questions de l'Observatoire Boivigny.
Les IAE sont encore peu connus notamment par les lycéens, et le fait que certains soient accessibles en licence et d'autres en master rend le processus
d'admission obscur pour certains, allez-vous mettre en place des campagnes pour mieux vous faire connaître ?
Oui, nous voulons améliorer notre visibilité en nous focalisant d'une part sur les filières accessibles aux licences, IUT et masters, et en nous faisant connaître directement dans ces
structures. D'autre part, nous désirons créer une école préparatoire, sur laquelle nous allons faire un énorme travail de communication. Le dernier point qui va nous permettre de nous faire
mieux connaître est la création de filières d'accès à l'IAE, internes à l'université.
À l'avenir, le réseau des IAE va-t-il se rapprocher des écoles de commerce, voire même créer des partenariats ?
Plusieurs IAE sont déjà associés à des écoles de commerce, mais pour l'instant un problème de taille persiste : celui de l'argent. En effet, les étudiants des écoles payent très chers,
contrairement à ceux des IAE, ce qui complique les cursus en partenariat.
Les IAE sont organisés en réseau, quel en est le but ?
Avec cette organisation, nous aidons l'ensemble des établissements à informer les étudiants potentiels. Mais ça n'est pas le seul objectif du réseau. Il nous
permet aussi de bénéficier d'un service de médiateur avec le ministère de l'Enseignement supérieur et avec les universités. Nous nous réunissons aussi pour organiser des manifestations
communes comme le tutorat collectif pour nos thésards, un congrès tous les deux ans comme celui qui s'est terminé le 12 septembre dernier à Lille, ou encore des réponses communes à des appels
d'offres d'entreprises.
Cet été, l'UNEF a émis des critiques à l'encontre des IAE concernant les frais d'inscription, quel est votre sentiment concernant les déclarations de ce syndicat étudiant ?
Je suis très étonné par la réaction de l'UNEF car nous faisons tout ce que nous pouvons pour faire payer le moins possible. Comme nous l'expliquions dans le communiqué que nous avons diffusé
en réponse, toutes les écoles universitaires pratiquent ces tarifs, il n'y a donc pas de raison de ne critiquer que les IAE. Concernant les droits spécifiques que l'UNEF considèrent comme
illégaux, je me dois de répondre par la négative. En effet, environ un tiers des IAE les réclament, et ce en toute légalité car ils répondent tous à des besoins spécifiques. Je suis
totalement d'accord avec ce syndicat étudiant pour dire que les étudiants paient trop cher, même si pour moi le problème ne provient pas du coût de scolarité mais du coût de la vie. Les
tarifs que nous demandons n'ont aucunement pour objectif de nous faire gagner de l'argent, mais d'équilibrer notre budget. Ils nous ont aussi attaqué sur les droits d'inscription au concours,
mais ils nous sont indispensables car sans eux il nous est impossible d'organiser les tests.
Y a-t-il eu des réactions des étudiants ou du rectorat à ce sujet ?
Ces critiques ayant été émises pendant les vacances, les étudiants n'ont pas réagi. Le recteur nous a demandé début août de rembourser les tests aux étudiants. C'est la première fois que je
vois une telle prise de décision sans aucune concertation ! Pour nous, ces tests nécessitent la mise en place d'une logistique lourde et coûteuse en temps et en argent. Si nous continuons à
être pénalisés de la sorte, c'est la mort des IAE qui se profile.
Les universités sont appelées à devenir autonomes, pensez-vous que cela soit positif ou négatif pour les IAE, quelle sera leur place dans ce nouveau système
?
Pour l'instant, on ne peut pas se prononcer sur l'impact que cela aura sur nous. Nous n'avons d'ailleurs pas encore de retour des IAE faisant partie des 20
universités passées à l'autonomie car les changements ne sont pas encore vraiment effectifs. Le tout est que les universités ne se bureaucratisent pas, et aient une stratégie de libération
des énergies internes. C'est la clé du succès de cette autonomie, puisque à terme il y aura une forte disparité entre les universités. Nous nous considérons comme des filiales, et à ce titre
nous devons conserver notre mode de fonctionnement autonome. Nous sommes bien entendu prêts à épauler les facultés dans leurs démarches, mais nous sommes de véritables marques et à ce titre
n'avons pas la même pratique du marché que les universités.
La motion que vous avez diffusée en juillet dernier concernant la loi sur l'autonomie des universités a-t-elle été suivie d'effet ?
Étant donné que la loi n'est pas encore réellement appliquée, puisqu'elle en est à la phase de mise en place, il m'est impossible à l'heure actuelle de dire l'effet que la motion a eu (1).
Pour autant, nous avons été entendus, mais nous restons vigilants quant aux résultats. Les choses devraient bouger dans les prochaines semaines, une surprise est d'ailleurs à attendre
bientôt...
La nomination de Patrick Hetzel, qui a notamment été maître de conférence à l'IAE de Lyon, au poste de nouveau directeur général de l'enseignement supérieur au ministère de l'Enseignement
supérieur est-elle une bonne chose pour les IAE ?
Patrick Hetzel est une personne d'une grande efficacité et en qui j'ai toute confiance. L'avantage pour nous est qu'il connaît le réseau et son fonctionnement, nous allons donc pouvoir être
compris plus facilement. Pour autant, je ne peux pas dire à l'heure actuelle si cela sera suivi d'effet, car tout dépendra de la marge de manœuvre qui lui sera octroyée.
(1) lire cette motion en date de juin 2008
Propos recueillis par Perrine ROUX, publiés dans l'Observatoire Boivigny le 14 septembre 2008
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Par Perrine ROUX
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Pour la première fois en juillet dernier, les Instituts d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse ont organisé un concours
commun. À l'heure où les derniers étudiants de la liste complémentaire prennent connaissance de leur affectation, l'Observatoire Boivigny a sondé les co-organisateurs de cette nouvelle
formule.
Sciences Po Rennes
Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse : six IEP réunis autour d'un concours commun… « que nous appelons l'Hexaconcours », précise
Christian Duval, le directeur de l'IEP d'Aix. Officiellement, l'objectif principal de cette union était de démocratiser le concours d'entrée. Ainsi Pierre Mathiot, le directeur de l'IEP de
Lille, explique : « Nous voulions faciliter l'accès à Sciences Po. Ce concours commun signifie pour les étudiants une économie de temps, d'argent et de stress ». Mais on peut supposer que
l'alliance de six IEP en région avait aussi comme objectif de contrer les projets d'expansion de Sciences Po Paris qui, bénéficiant de financements sans commune mesure avec ceux des autres
IEP, ouvre des cycles de niveau licence aux quatre coins de la France.
« Cela s'est miraculeusement bien passé, il n'y a eu aucune anicroche. C'est d'autant plus encourageant que nous n'attendions pas plus de 9 000 candidatures et en avons reçu 12 000 », relate
le directeur de l'IEP de Lille. C'est le résultat d'une préparation rigoureuse, selon Christian Duval : « le comité de pilotage se réunissait toutes les trois semaines ».
Un classement induit des IEP
Au final, 1 100 candidats ont été répartis entre les six IEP, selon le nombre de places offertes par chaque institut (de 140 à Lille à 260 pour l'IEP de
Toulouse). Le système informatique qui a effectué la répartition en fonction de l'ordre du choix, des résultats et des désistements, a été calqué sur le modèle des concours pour écoles
d'ingénieurs.
Dès leur inscription au concours, les candidats devaient classer les six IEP par ordre de préférence ; les étudiants aux plus forts résultats ont obtenu leur premier choix, c'est-à-dire l'IEP
qu'ils ont théoriquement considéré comme étant le meilleur. Et surprise : il se murmure que les IEP de Lille, de Lyon et d'Aix-en-Provence auraient été les plus demandés. « Bien souvent, la
zone géographique de passage du concours coïncide avec celle du premier choix », nuance Christian Duval qui laisse ainsi entendre que les étudiants ont, avant tout, choisi l'IEP le plus
proche de leur domicile. Comme il n'existe pas de classement des IEP aussi précis et aussi stable dans le temps que les rankings d'écoles de commerce ou d'ingénieurs, les étudiants ont fait
au plus simple : Sciences Po Paris ou le Sciences Po près de chez soi. Toutefois, jusqu'au dernier moment, les candidats ont cherché à savoir quels avaient été les IEP les plus demandés, si
l'on en croit les discussions qui ont animé les forums de l'Observatoire
Boivigny ou celui des étudiants de Sciences Po. De quoi imaginer qu'à l'occasion de la deuxième édition
du concours en 2009, les candidats vont rebattre les cartes.
L'Hexaconcours, un alliance durable ?
L'Institut de Strasbourg
Dès le départ, les six avaient convenu d'une alliance de long terme. « Avec tous les problèmes qu'il nous a fallu surmonter, nous n'allions pas mettre en place ce
concours commun pour une seule année », explique le patron de Sciences Po Aix. Le projet initié en juillet 2007 a vu le jour seulement un an après. Considéré comme « une véritable réussite »
par ses initiateurs, il « va donc continuer dans les années à venir », estime Pierre Mathiot. Il précise que « la présidence du jury, c'est-à-dire celui qui a la décision finale concernant les
admissions, est tournante chaque année selon l'ordre alphabétique. Ainsi, cette année c'était Aix-en-Provence et l'année suivante ce sera Lille. ». Par ailleurs, les zones géographiques où les
étudiants pourront passer le concours d'entrée devraient être étendues en 2009 « en Guadeloupe et à la Réunion, pour éviter à ces étudiants des déplacements coûteux », précise le directeur de
l'IEP de Lille (1).
À l'avenir, les IEP de Bordeaux et de Grenoble ont vocation à rejoindre le concours commun. Le premier hésite car il a deux concours d'entrée, un pour les BAC + 0 et un autre pour les BAC + 1.
Il lui faudrait donc changer le mode de sélection puisque le concours commun est unique pour les deux catégories de candidats. De son côté, il est probable que l'IEP de Grenoble a été échaudé
par son expérience du précédent concours commun - aujourd'hui disparu - au sein du consortium « Sciences Po Rhône-Alpes-Méditerranée » avec les IEP de Lyon et Aix-en-Provence, où il était moins
choisi que les deux autres. « Grenoble a besoin de se régénérer et, pour ce faire, ils ont fait le choix de l'éloignement », estime le directeur de Sciences Po Lille.
Quoi qu'il en soit, les six IEP ont appris à travailler ensemble et ont des projets communs. « Il nous faut profiter de la dynamique que nous insuffle cette réussite et de notre expérience de
travail en commun », insiste Pierre Mathiot. La mutualisation va concerner plusieurs domaines, même si chaque IEP conserve son autonomie car «nous avons chacun notre rythme et chacun notre
politique. Notre collaboration ressemble un peu à l'Union européenne».
En vue : une préparation commune au concours via un site internet, dont l'accès sera gratuit pour les boursiers. « Nous souhaitons aussi améliorer la mobilité de nos étudiants entre les six
IEP», explique Christian Duval. D'autres projets sont sur le feu, comme l'élaboration de plaquettes de présentation de leurs 60 masters, la mise en réseau des laboratoires de recherche, ou
encore une stratégie de communication d'ensemble. Sur ce dernier point, le pari est déjà à moitié gagné car, comme le précise Christian Duval, l'initiative de l'Hexaconcours a été saluée : «
Nous avons eu de très bons retours de la part notamment des parents, et une couverture médiatique très positive ».
Publié dans l'Observatoire Boivigny le 14 septembre 2008, par Perrine ROUX
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Par Perrine ROUX
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