Le Volontariat international permet de faire une mission dans une entreprise française (VIE), ou dans une administration française (VIA) à l'étranger, dans tous les corps de métier et à tous les niveaux de qualification. Ni stagiaire, ni bénévole, le volontaire reçoit une indemnité mensuelle, en plus d'une expérience professionnelle et humaine enrichissante ; avec, souvent, un contrat de travail à la sortie.
Le volontaire, c'est vous ! Agé de 18 à 28 ans, le départ se faisant au plus tard le jour du 29ème anniversaire, vous êtes étudiant, chercheur d'emploi, travailleur, français, ressortissant de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. Petites conditions à remplir : ne pas avoir eu de déboire avec la justice (casier judiciaire vierge, jouir de ses droits civiques) et être en règle avec les obligations du service national (parcours citoyen : enseignement de la défense, recensement, JAPD).
Pour trouver une mission en VI, se mettre dans la peau d'un véritable chercheur d'emploi est indispensable. CV, lettre de motivation, projet professionnel et personnel, avantages pour l'entreprise ou l'administration, bonne présentation... En résumé, toute la panoplie du parfait futur employé ! Armé de motivation et de patience, rendez-vous sur le site du Centre d'information pour le Volontariat international (CIVI). On commence par s'inscrire en ligne. Attention, il vaut mieux prévoir large niveau timing. 6 mois peuvent être nécessaires pour trouver sa mission et pour que le dossier soit validé.
Le CIVI met en ligne les offres de VIE et de VIA. Comme tout bon chercheur d'emploi, vous ne devez pas hésiter à démarcher au-delà de ces offres, en envoyant des candidatures spontanées, sachant qu'il y a plus de demandes que d'offres. En matière de VIA, le CIVI précise qu'il ne faut pas postuler en dehors des offres, sauf pour les scientifiques-chercheurs et les missions en organisme para-public. Toutefois, nous vous conseillons de vous renseigner et vous mettre en relation avec les administrations qui vous intéressent afin qu'elles vous connaissent avant même que vous postuliez.
Pour le VIE, une fois le poste trouvé, l'entreprise qui vous accepte doit se mettre en rapport avec UBIFRANCE, organisme gestionnaire, afin qu'il valide le dossier.
En VIA, le volontaire est sous tutelle du ministère des affaires étrangères et européennes (MAE) pour les postes près les ambassades de France (en chancellerie, service de coopération et d'action culturelle ou service scientifique et technique), établissement culturel, organisme parapublic et pour les scientifiques-chercheurs. Pour les postes en Mission économique et en chambre de commerce et d'industrie française à l'étranger, il est sous tutelle de la Direction générale du trésor et de la politique économique (DGTPE).
Partir faire une mission à l'étranger dans une ONG ou associations de solidarité internationale est aussi possible en VI, mais elles doivent au préalable être agréées par le MAE. Le VI n'est pas la meilleure solution dans ce cas, car les associations privilégient le volontariat de solidarité internationale (VSI) et les bénévoles. Le CLONG-Volontariat sera votre interlocuteur pour les missions humanitaires.
Une entreprise ou une administration a accepté votre candidature. Félicitations ! Il reste encore quelques démarches avant de faire vos bagages : passer une visite médicale chez un médecin agréé, faire les vaccins nécessaires, et prévenir les organismes sociaux et fiscaux de votre départ à l'étranger. N'oubliez pas de vérifier que votre passeport est bien en cours de validité. Vous allez recevoir une lettre d'engagement dans laquelle les modalités et le contenu de la mission sont détaillés, puis assister à une réunion d'information avec UBIFRANCE pour les VIE, avec le MAE ou la DGTPE pour les VIA. On vous y expliquera vos droits et devoirs de volontaire.
Concernant le logement, c'est à vous de le trouver, mais la communauté des volontaires (sur le site du CIVI) pourra vous aider. Bon à savoir, dans les pays où le coût de la vie est très élevé, vous pouvez toucher des indemnités de l'entreprise ou l'administration pour vous aider à payer votre logement.
Elle dure de 6 à 24 mois, et peut être renouvelée une fois dans la limite de 24 mois. Pensez à ne pas vous y prendre trop tard pour faire cette demande de prolongation auprès de l'organisme gestionnaire, car un délai de 1 à 3 mois doit être respecté.
Le VI est un temps complet, totalement incompatible avec un autre travail rémunéré (public ou privé). Pour autant, vous n'allez pas être contraint de travailler 7 jours sur 7 ! 2,5 jours ouvrés de congés par mois vous seront accordés. La rémunération est une indemnité de 1 100 à 2 900 €. Son montant, non négociable, dépend uniquement du pays dans lequel vous travaillez. Le niveau d'étude et de qualification n'entre pas en compte. Une fois sur place, vous êtes sous tutelle de l'Ambassade de France. Autres avantages : vous êtes assuré, y compris pendant vos congés (frais médicaux, chirurgicaux, assistance rapatriement et responsabilité civile), et bénéficiez d'une couverture sociale.
Autre atout non négligeable du VI, votre indemnité mensuelle n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu. Toutefois, dans certains pays ce type de rémunération est imposable. Mais pas de panique, la structure d'accueil prend cette imposition à sa charge ! Mais attention, il ne s'agit pas d'un salaire, et n'ouvre donc pas droit au versement de l'assurance chômage par l'ASSEDIC à votre retour. Pensez à prévoir quelques réserves !
Par ailleurs, vous devez impérativement faire votre déclaration d'impôt en France. Si c'est la première fois, procurez-vous le formulaire auprès de votre Centre des impôts. La déclaration sur internet n'est ouverte qu'aux personnes ayant au moins une déclaration à leur actif avec un numéro de contribuable.
Remplir ce type de paperasse est toujours très fastidieux. Voici quelques éclairages qui pourront vous être utiles. Ceux qui n'ont reçu que les indemnités de VI comme revenu durant l'année indiquent « 0 » au titre de ces indemnités, et joignent une déclaration sur l'honneur manuscrite sur papier libre qui indique que vous faites une mission en VI, sa période, et dans laquelle vous recopiez l'article L 122-2 du code du service national. Ceux qui ont perçu d'autres revenus en plus d'une source française (salaire ou non), déclarent « 0 » pour l'indemnité de VI et déclarent leurs autres revenus. Enfin, ceux qui ont perçu des revenus d'une source étrangère doivent se renseigner auprès de leur centre d'impôt pour connaître leurs obligations.
La mission est déjà terminée. Une expérience en or en bagage, et des souvenirs plein la tête, vous voilà de retour au bercail. Vous changez alors de statut aux yeux des impôts, n'oubliez donc pas de le signaler à votre Centre. Il vous faut encore remettre un certificat médical et un rapport de fin de mission à l'organisme gestionnaire. C'est la condition sine qua non pour vous voir délivré le Certificat d'accomplissement du VI, sésame pour retrouver vos droits à la Sécurité sociale et valider votre mission pour le régime de retraite. Mais la situation est loin d'être simple en matière de Sécu. Pour éviter bien des déboires, mentionnez à la CPAM que vous étiez étudiant avant de partir, et actuellement en recherche d'emploi. Vous avez, en effet, droit à un maintien gratuit de votre régime pendant 4 ans à compter de la fin de vos études.
Perrine ROUX dans www.citycampus.fr, de 08/02/09