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En 2006, plus 12.400 personnes ont eu besoin en France d’une greffe. Seules 4.426 ont pu être réalisées. Cette pénurie a entraîné la mort de 229 patients en attente. Il est donc important de faire connaître sa décision concernant le don
Dire oui au don d’organe peut sauver des vies ! (Photo Perrine ROUX)
C’est aujourd’hui la journée mondiale du don d’organes. Même si ces dernières années, on note une progression des dons d’organes, la pénurie est toujours importante : 229 personnes sont décédées l’an dernier faute de greffe. Ce problème n’est malheureusement pas propre à la France comme l’a illustré l’excellent canular télévisé de la chaîne néerlandaise BNN début juin, avec son émission The big donor show. Une femme mourante et trois candidats à la greffe de rein y étaient mis en scène : à l’issue du show, elle devait n’en sélectionner qu’un ce qui avait suscité un soulèvement de l’opinion publique internationale. Le dénouement était tout aussi surprenant, puisqu’il s’agissait en réalité d’un canular dont le but était de sensibiliser l’opinion publique à la question du don d’organe. Même si les moyens utilisés par la BNN restent controversés, le problème de la pénurie est encore et toujours d’actualité. L’association France ADOT (fédération des Associations pour le don d’organe et de tissus humain), mène de son côté une campagne télévisée pour sensibiliser les jeunes au don. Deux films de 30 secondes mettant en scène des sauvetages ratés, ont été diffusés gracieusement sur plusieurs chaînes. Avec un slogan choc « Si vous n’êtes pas doué pour sauver des vies, attendez d’être mort », l’association dit que le moyen le plus simple d’être héroïque, c’est de s’engager à faire don de ses organes après sa mort. Cette campagne vise plus particulièrement les 18-25 ans, car 68% des décès dans cette tranche d’âge ont lieu de façon violente. De ce fait, c’est une population stratégique pour le don d’organe.
Faire don ou pas Le corps humain est très protégé par la loi, il est inviolable, indisponible et ne constitue pas un objet patrimonial. Le don est donc anonyme, gratuit et ne doit faire l’objet d’aucune publicité. Il ne peut pas être réalisé sans le consentement du donneur, et sans un intérêt thérapeutique pour autrui. Aujourd’hui, le consentement est présumé. Si on ne souhaite pas faire don de ses organes, il faut soit faire connaître son refus à ses proches, soit s’inscrire sur le Registre national des refus auprès de l’agence de Biomédecine. La carte de donneur n’ayant aucune valeur légale, la meilleure solution est d’en parler. Le donneur fait l’objet d’une sélection clinique. Les médecins examinent ses antécédents personnels et familiaux, effectuent des diagnostics de maladies infectieuses et vérifient l’état de mort cérébrale. Dans le cas d’un don fait par une personne vivante, les médecins ont des entretiens avec elle et vérifient son état clinique. Puis le consentement doit être exprimé devant le Président du Tribunal de grande instance. Enfin, le magistrat et le donneur signent un acte attestant du consentement, qui reste révocable à tout moment. Malgré une augmentation de 38 % du nombre de greffes depuis 2000, l’écart entre le nombre de don et celui des patients reste très important. La liste d’attente s’est d’ailleurs encore allongée de 7264 noms en 2006. Il faut donc que chacun de nous réfléchisse et parle du don d’organe à se famille et à ses proches. Perrine ROUX (www.lepetitjournal.com) vendredi 22 juin 2007