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Coco avant Chanel, le dernier film d'Anne Fontaine, est sorti mercredi dernier sur les écrans. De l'enfance à la création de sa maison de couture, le film nous raconte comment cette petite fille de province devient une grande Mademoiselle.
L'histoire
Les premières images nous transportent dans le centre de la France, à l'arrière d'une charrette. Deux petites filles attendent tristement d'arriver à l'orphelinat où les conduits leur père. C'est le début des déceptions et des coups durs pour Gabrielle Chanel. La jeune femme et sa sœur deviendront ensuite chanteuses dans un beuglant, puis petites mains dans l'arrière boutique d'un tailleur. Le caractère bien trempé de la future Mademoiselle, sa créativité, son goût pour la mode, sa volonté et sa force sont dépeints à l'écran. Sa vie avec son protecteur Etiennt Balsan, son histoire avec Boy Capel, son départ pour Paris, ou comment Coco incarnait la modernité avant même de la démocratiser dans ses créations.
Un casting épatant
Audrey Tautou incarnant Coco, un choix qui semble évident. Le rôle lui va comme un gant. L'actrice semble jouer cette grande dame de la mode au caractère bien trempé, sans jamais forcer le trait. Benoit Poelvoorde est une fois de plus époustouflant. Son interprétation d'Etienne Balsan, fait de lui un personnage à la fois attachant et détestable, à la répartie et à la gouaille peu commune. Son aussi présentes à l'écrant Emmanuelle Devos, qui incarne l'actrice Emilienne avec justesse et piquant, ainsi que Marie Gilain, qui fait une Adrienne (sœur de Coco), fraiche et vraie.
Un bilan mitigé
Malgré le talent indéniable des acteurs, la beauté des costumes, la grandeur du personnage, lourdeurs, longueurs et manque de profondeur donnent une impression en demi-teinte sur ce film. La touche féminine d'Anne Fontaine, apporte une douceur et une tendresse touchantes, dans ce film historique, faisant de lui un beau portrait de la grande Mademoiselle. Pour autant, malgré une première partie dynamique qui emporte le spectateur dans son sillage, en grande partie grâce à Benoit Poelvoorde, le film s'essouffle pour tomber dans des lourdeurs chronologiques. Autre point noir, on ne fait que survoler l'histoire de la célèbre Coco. On a presque l'impression que cette fresque pourrait trouver sa place à n'importe quelle époque, tant l'implantation dans les évènements de l'époque et dans son mode de vie fait défaut. Mais, le style Chanel est bien là. La petite robe noire, les chemises et vareuses empruntés aux hommes, et le rejet des plumes et fanfreluches... C'est tout l'univers de Mademoiselle qu'on retrouve avec plaisir, malgré les quelques notes d'ennui que l'on peut éprouver au visionnage.
Perrine ROUX pour Ekilafrica
| Site officiel : www.cocoavantchanel.fr |