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Après trois mois de fermeture pour travaux, les catacombes de Paris à Denfert-Rochereau ont rouvert leurs portes au public au début du mois. Ce parcours souterrain promet une ambiance particulière aux visiteurs - quoiqu'un peu morbide. Reportage
L'impressionnant ossuaire municipal, rassemblant les restes de 6 millions de Parisiens (photo Perrine ROUX)Trois mois que les catacombes ont été fermées pour rénovation. Mais depuis le début du mois de mai, elles sont enfin rouvertes au public. Depuis que Napoléon III, François 1er, ou encore le Comte d'Artois - futur Charles X - ont montré l’exemple, les Parisiens se pressent dans les galeries avec toujours autant d’ardeur (253.000 visiteurs en 2007). Attention toutefois, seul le musée des catacombes de Paris est ouvert aux curieux et passionnés. En dehors de cet espace, il est interdit par la loi de descendre dans les carrières souterraines.
Visite guidée
Une fois le ticket en main, souvent après une très longue file d'attente, on peut enfin s'engouffrer dans les catacombes. Un interminable escalier en colimaçon, nous emmène à plus de 19 mètres sous l'asphalte parisien. On se retrouve alors en face d'un sombre couloir qui semble sans fin. Une fois les yeux habitués à la pénombre, commence l'exploration.
On parcourt ce long couloir qui monte, descend, s'enfonce dans les profondeurs de la terre. Une odeur de poussière et d'humidité nous prend quelque peu à la gorge. Seule une curiosité bizarre, mêlée à une certaine fascination nous pousse à avancer. Et là c'est la surprise ! Dans la galerie du Port-Mahon, qui était fermée depuis 1995, nous découvrons de superbes sculptures de la forteresse du même nom, réalisées par Décure, un militaire de Louis XV. Autre lieu, autre ambiance, nous pénétrons dans l'antichambre de l'ossuaire municipal ou encore, dans l’antichambre de la mort...
"Arrête, c'est ici l'empire de la mort"
Face à cette inscription, un instant d'hésitation, puis on entre. Le spectacle est saisissant ! L'ambiance est indescriptible, elle nous glace le sang. Toutes les voix des visiteurs se sont tues, comme pour respecter le repos de ces millions de Parisiens, dont les restes sont gardés anonymement ici. Les os soigneusement rangés, empilés, vont du sol au plafond de chaque côté du long couloir qui serpente dans les catacombes.
Le temps semble s'être arrêté. Quelques bruits de pas et le ruissellement de l'eau sur les parois viennent rompre le silence. Puis, au bout d'environ une heure de parcours, on remonte à la surface, avec un mélange de regret de quitter ce lieu et de soulagement.. Le silence et le recueillement laissent place au brouhaha et à l'activité de la capitale. Il faudra encore quelques instants pour reprendre contact avec la réalité, tant les catacombes ne peuvent laisser indifférent.
Perrine ROUX. (www.lepetitjournal.com) mardi 20 mai 2008
Un peu d’histoire
A la fin du 18ème siècle, le Conseil d'Etat a pris la décision d'utiliser une partie des carrières de gypse et de calcaire courant sur des centaines de kilomètres sous la capitale, pour entreposer les ossements du cimetière des Innocents, devenu un véritable foyer d'infections.
Dès lors, à la tombée de la nuit, on assistait à un rituel bien étrange. Des prêtres en surplis accompagnaient les ossements portés dans des tombereaux recouverts d'un voile noir, en chantant l'office des morts. Jusqu'en 1814, les ossements de quelques six millions de Parisiens reposant dans tous les cimetières de la ville y ont ainsi trouvé refuge. Les catacombes ont immédiatement suscité la curiosité.